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Drago Jančar in France/ Drago Jančar en France

Drago Jančar got discovered by the French readership with L’Élève de Joyce (2003, published by L’Esprit des Péninsules), a collection of short novels translated and suggested by Andrée Lück Gaye. The importance of translators dealing with so-called "minor" or "exotic" languages cannot be overemphasised. When acting as advisors, they play a key role in the discovery of new talents or even entire literary landscapes which are not yet sufficiently known. This is the case with Slovenian literature. Author Michel Polac wrote in the weekly magazine Charlie Hebdo: "It’s amazing; L’Élève de Joyce is a small masterpiece." Seeing him as one of the most remarkable voices of Central European literature, the enthusiasm of one of the most important book reviewers of this time is sufficient to open Drago Jančar the doors to the world of French literature.

Two years later, the French translation of his novel Aurore boréale, which Claudio Magris refers to as a book "enlivened by deep human compassion and penetrative literature", is published, followed by his play La Grande Valse brillante (2007), his novels Katarina, le paon et le jésuite (2009) and Des bruits dans la tête (2009), as well as by his collection of short novels Ethiopiques (2011). Most recently, in 2014, the novel Cette nuit, je l’ai vue was published by Phébus, where Libretto plans a paperback reissue of his titles that have already been published in French. Phébus is a publisher known in France for its remarkable collection of foreign literature. Under the management of editor Daniel Arsand, they have already published the novel Alamut by Vladimir Bartol, as well as novels written by another Slovenian author and good friend of Jančar, whose first successes in French publishing have paved the way to international recognition: Boris Pahor.

Following the article of Michel Polac, there were a lot of French critics praising the talent of Jančar: In Le Nouvel observateur (2007), Frédéric Vitoux compared him with Céline, rejoicing "on the borders of grotesqueness", whilst Jean-Claude Lebrun considered him close to Philip Roth and Franz Kafka in L’Humanité (2005). Since 1993, when Drago Jančar was awarded the Slovenian Prešeren prize for his works, he has received numerous foreign awards: the European Short Story Award in 1994, the Austrian Jean Améry Prize for his essay Brionien in 1997, the German/Austrian Herder Prize in 2003, the European Prize for Literature in 2011, the French Prix de l’inaperçu in 2012 and, most recently, the French Best Foreign Book Prize for Cette nuit je l’ai vue in 2014 http://www.sloveniatimes.com/jancar-wins-french-literature-prize.
During the award ceremony of the European Prize for Literature, French translator and poet Jean-Baptiste Para emphasised "the ethical rigour, the investigative passion and the imaginative power" of the author of Aurore boréale. France is a country where the intellectual debate about the history of the twentieth century is one of the most vivid and nourished ones; the French readership turns out to be quite sensitive when it comes to authors whose works demonstrate, without Manichaeism, the fate of the individuals immersed in the horror of confrontations with war and ideologies. Having grown up with the worship for their national literature and, no less, the political liberty, the French readers are also very sensitive to the idea that according to Jančar, "for the Slovenian people, literature was a kind of substitute for the national freedom, for the absence of freedom". During his moving reception speech in Strasbourg, he recalled the tragic irony of history: Under Tito's regime, the communist secret police put him into the prison where his father had been detained thirty years earlier, interviewed and tortured by the Gestapo. This crucial experience turns Jančar into a rebellious man, just like his role models, poet Edvard Kocbek or writer Albert Camus, and gives his work – to quote Jean-Baptiste Para – the tone, resonance and grandiosity of a "great writer of European awareness".

Translated by Ben Evans
About Drago Jančar

ELit Blog:
Drago Jančar – celebrated in Slovenia and all across ex-Yugoslavia

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C’est avec L’Élève de Joyce (2003, éd. L’Esprit des Péninsules), un recueil de nouvelles traduit et suggéré par Andrée Lück Gaye, que le lectorat français a découvert Drago Jančar. On ne soulignera jamais assez l’importance des traducteurs de langues dites « petites » ou « exotiques », qui, lorsqu’ils font office de conseillers, jouent un rôle fondamental dans la découverte de nouveaux talents, voire d’entiers paysages littéraires encore trop méconnus. Tel est le cas de la littérature slovène. L’écrivain Michel Polac écrivit alors dans l’hebdomadaire Charlie Hebdo : « C’est un coup de foudre ; L’Élève de Joyce est un petit chef-d’œuvre ». L’enthousiasme de l’un des critiques littéraires les plus influents de l’époque suffit alors pour ouvrir à Drago Jančar les portes du monde littéraire français, qui a décelé en lui l’une des voix les plus singulières de la littérature de la Mitteleuropa.

Deux ans plus tard paraîtra la traduction française de son roman Aurore boréale que Claudio Magris saluera comme un livre « animé d’une profonde pitié humaine et d’une poésie lancinante », puis sa pièce de théâtre La Grande Valse brillante (2007), ses romans Katarina, le paon et le jésuite (2009) et Des bruits dans la tête (2009) et son recueil de nouvelles Ethiopiques (2011). Enfin, en 2014, le roman Cette nuit, je l’ai vue est paru aux éditions Phébus, dont la collection Libretto s’apprête à rééditer en poche ses titres déjà parus en traduction française. Les éditions Phébus sont connues en France pour leur remarquable collection de littérature étrangère. Sous la houlette de l’éditeur Daniel Arsand, elles avaient déjà publié le roman Alamut de Vladimir Bartol, ainsi qu’un autre auteur slovène, d’ailleurs ami de Jančar, et dont les premiers succès éditoriaux français ont ouvert la voie à une reconnaissance internationale : Boris Pahor.

Depuis l’article de Michel Polac, nombreux ont été les critiques français à louer le talent de Jančar : ainsi Frédéric Vitoux, dans Le Nouvel observateur (2007), le comparait à Céline qui se réjouit « aux confins du grotesque », tandis que Jean-Claude Lebrun, dans L’Humanité (2005), le rapprochait de Philip Roth et de Franz Kafka. Depuis 1993, date à laquelle Drago Jancar a obtenu le prix slovène Prešeren pour l’ensemble de son œuvre, il a été couronné par de nombreux prix étrangers : le Prix européen de la nouvelle en 1994, le Prix autrichien Jean Améry pour son essai Brioni en 1997, le Prix germano-autrichien Herder pour la littérature en 2003, le Prix Européen de la littérature en 2011, le Prix français de l’inaperçu en 2012, et enfin le Prix français du meilleur roman étranger pour Cette nuit je l’ai vue en 2014.

Lors de l’attribution du Prix européen de la littérature, le traducteur et poète français Jean-Baptiste Para, avait insisté sur « la rigueur éthique, la passion investigatrice et la puissance imaginative » de l’auteur d’Aurore boréale. La France est un pays où le débat intellectuel sur l’histoire du XXe siècle est l’un des plus vifs et des plus nourris ; aussi le lectorat français se montre-t-il sensible aux écrivains dont les œuvres s’attachent à montrer, sans manichéisme, le destin d’individus plongés dans l’horreur des affrontements guerriers et idéologiques. Elevés dans le culte de leur littérature nationale, et dans celui, non moindre, de la liberté politique, les lecteurs français sont aussi très sensibles à l'idée selon laquelle, pour Jančar, « la littérature a été pour les Slovènes une sorte de substitut à la liberté nationale, à l’absence de liberté ». Dans son émouvant discours de réception, à Strasbourg, celui-ci rappela l’ironie tragique de l’Histoire : sous le régime titiste, la police communiste secrète l’a jeté dans la prison où, trente ans plus tôt, son père avait été emprisonné, interrogé et torturé par la Gestapo. Cette expérience fondatrice fera de Jančar un homme révolté, comme ses maîtres à penser le poète Edvard Kocbek ou l’écrivain Albert Camus, et donnera à son œuvre, pour reprendre les termes de Jean-Baptiste Para, le ton, la résonance et l’ampleur d’un « grand écrivain de la conscience européenne».

Mathias Rambaud

Mathias Rambaud has been living in Ljubljana for more than 15 years and is the cultural attaché at the French Institute of Slovenia. He has recently published his first novel: “Le Livre des séjours et des lieux” (Arléa, 2015). 

Mathias Rambaud wohnt seit über 15 Jahren in Ljubljana, Slowenien wo er Kulturattaché des französischen Kulturinstituts ist. Er hat vor kurzem seinen ersten Roman, “Le Livre des séjours et des lieux” (Arléa, 2015), herausgebracht.

Mathias Rambaud has been living in Ljubljana for more than 15 years and is the cultural attaché at the French Institute of Slovenia. He has recently published his first novel: “Le Livre des séjours et des lieux” (Arléa, 2015).

Mathias Rambaud wohnt seit über 15 Jahren in Ljubljana, Slowenien wo er Kulturattaché des französischen Kulturinstituts ist. Er hat vor kurzem seinen ersten Roman, “Le Livre des séjours et des lieux” (Arléa, 2015), herausgebracht.

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